Agen. Emmanuel Eyssalet, pièces de moteur neuves

Suite de nos portraits sur les têtes de listes aux municipales d’Agen. Aujourd’hui Emmanuel Eyssalet, un agrégé de mécanique leader de la gauche PS-PRG.

Agrégé de mécanique, mais pas pour autant la tête dans un moteur à réparer une durite ou à faire une vidange pour un pote. Emmanuel Eyssalet a depuis quelques mois les mains dans un cambouis plus politique. Une primaire chahutée avec Patricia Prioux-Henry dont il sort vainqueur, et des vents contraires y compris dans sa propre maison socialiste ou face à un candidat sortant qu’il connaît peu, et réciproquement. Dans la nuit de samedi à dimanche, il s’est retrouvé au commissariat pour récupérer un colistier pris en flagrant délit de crime de lèse-majesté : taguer sur le maire sortant.

Mécanique

Mais quelques heures plus tard dans un bar du Pin, la politique n’était pas forcément l’invitée d’une petite pause dominicale partagée avec une poignée de ses colistiers. Son métier d’enseignant non plus. «Pourquoi a-t-il choisi la mécanique ?», interroge-t-il à la troisième personne. «Parce qu’il s’est mis à travailler tard. Non, je plaisante…».

Ne pas se fier aux apparences, il est capable de rire sous le masque d’un silence qui suit les questions et précède ses questions. «La mécanique, c’est passionnant. On étudie les fluides, les solides, les liquides en mouvement. C’est sans limites, cela concerne toutes les technologies. C’est avec ça qu’on fait décoller les fusées quand même.»

Sur le pas de tir à deux semaines du premier tour de scrutin, Emmanuel Eyssalet fait son marché. C’est la campagne et cet échalas qui dépasse les 190 centimètres a chassé le naturel pour marcher à sa foulée dans les travées du marché. «J’aime bien ce bar (le Ludo, NDLR). On se croirait dans les années 80. Le Chantilly, j’aime bien aussi.» Depuis la fin des années 1990, Eyssalet Emmanuel a ses habitudes agenaises mais il repousse le mot de la main. «Surtout pas d’habitudes. Je pense que c’est comme cela qu’on avance.» Une boulangerie du boulevard Scaliger a quand même ses faveurs.

Enceintes

Chez les Eyssalet, l’arrivée des enfants «nés à Agen» a fini par tuer un dogme qui consistait à se priver de télé. «Les flots d’informations nous détournent de la qualité de l’information. Mais on n’est pas des intégristes non plus !» Papa et Maman ont cédé.

Et le dernier film vu par le candidat de la gauche unie, c’est «Eyes Wide Shut» de Kubrick. En 1999 à sa sortie, c’est dire l’intérêt d’Emmanuel Eyssalet pour le 7e art même si le fumet d’un café aux Montreurs d’images l’attire souvent, même si «Paris-Texas est marquant. Quand je suis devant un film, je m’ennuie».

Pas de cinéma, pas de télé, alors quoi ? «De la radio, France Culture, Nova aussi». Et les goûts musicaux d’un quadra candidat. «Je suis longtemps resté bloqué sur des groupes comme Krafwerk ou VirginPrunes pour partir vers la pop anglaise, les Dead Kennedys et l’immense Bowie. Du français aussi, comme Emilie Loiseau.» Chez lui («J’habite chez ma femme», dit-il en riant) une batterie d’enceintes haute-fidélité. Une collection stéréo et quadriphonique. Quadriphonique, ça va bien à ce touche-à-tout qui dit «aller toujours jusqu’au bout» et ne pas se contenter d’un son mono.

Hassan

Ce presque double mètre est peu disert sur sa vie, sa famille. Madame est secrétaire de la section PS d’Agen. «C’est facile à gérer, aucun souci.» Papa était issu d’une famille d’instituteurs, des arrière-grands-parents qui tenaient commerce dans la photo à la fin du XIXe siècle. «J’ai été éduqué au regard sur l’image.» Une mère vivant au Maroc, fille d’agriculteurs. Un demi-frère, Hassan et un frère, Pierre-Henri. Emmanuel Eyssalet est né à Bagnères-de-Bigorre. Avant les enfants, avec Madame toujours, Emmanuel Eyssalet a voyagé. Beaucoup. Royaume-Uni, le Tibet, le Pérou, «le tour du monde».

L’hommage à «JFP»

Il est là depuis le milieu des années 1990, salue le travail de Jean François-Poncet. «Avec sa femme, ils ont vraiment fait des trucs ici […] mais la ville est méconnaissable aujourd’hui. Je ne retrouve plus les visages que je pouvais connaître. La fin de la foire du boul’ et le domaine piéton ont changé beaucoup de choses. Des gens ne reviennent plus en centre-ville.» Trésorier de la fédération départementale des parents d’élèves, membre d’Agen Demain dès l’élection de 2008 perdue par son mentor Alain Veyret, c’est maigre sur une carte de visite politique. Peu lui chaut. «La vie est faite d’enrichissements permanents. Je ne réalise pas la chance que j’ai.» Son regret, «ceux qui partent trop tôt. Le moteur, c’est eux».


Programme, seconde phase

Le maire sortant n’avait de cesse de demander le programme de la liste «Demain Ensemble» d’Emmanuel Eyssalet, annoncé fin février après une première version synthétique. C’est chose faite depuis hier soir sur le site internet, et dans les prochains jours dans les boîtes aux lettres.18 «objectifs», près de 80 propositions détaillées sur le logement, les transports, la culture… Un projet élaboré «au terme d’un an de rencontres avec les Agenais». Il est chiffré à 37 millions d’€ par le candidat, et comprend notamment l’aménagement d’un pôle culturel dans le quartier du Stadium, ce que le candidat Dionis continue de décrire comme «une salle de spectacles».

Stéphane Bersauter

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