Agen : le budget primitif vu par l’opposition

Selon le socialiste Emmanuel Eyssalet, Jean Dionis obéit au triptyque suivant : « 2015, on réfléchit ; 2016, on lance les chantiers ; 2017 on inaugure. Après, il n’y aura plus rien.1889753_805_9175660_800x400

« Je n’ai jamais vu autant de mensonges. Jean Dionis devrait songer à se rendre du côté de Moncrabeau. Le maire d’Agen a été élu avec un programme chiffré à 50 millions d’euros – le nôtre était de 32* millions – dont il savait parfaitement qu’il n’était pas tenable, et voilà où on en est aujourd’hui. » Emmanuel Eyssalet, conseiller municipal socialiste, est plutôt remonté à quelques heures du vote du budget en conseil municipal. Mais il ne se dit aucunement surpris. « En revanche, pour les Agenais, ça va être la douche froide. »

Un budget primitif détaillé autour de trois grands axes : la volonté politique de ne pas augmenter le taux des impôts locaux, la maîtrise des charges de fonctionnement des services et le maintien des investissements dans le respect des ratios financiers.

« Du coup, on agite le chiffon de la baisse de la dotation globale de fonctionnement – qui est à relativiser – pour justifier l’abandon de projets, qui étaient de toute façon irréalisables, analyse l’élu d’opposition. Jean Dionis n’est porté que par son ambition personnelle. Ainsi, il suit le schéma suivant : 2015, on réfléchit ; 2016, on lance les chantiers ; 2017 on inaugure, et cela, en vue des Législatives. »

Agen ville pauvre

Selon Emmanuel Eyssalet, l’augmentation des tarifs de redevances, conjuguée à la baisse de qualité des services, ne peut que contribuer à l’appauvrissement de la Ville d’Agen « passant déjà de la 264e à la 197e en quatre ans. Des créations de postes au sein du tissu associatif notamment permettraient sans doute de réanimer le lien social dans certains quartiers laissés à l’abandon. »


Une paupérisation relevée par son collègue Front de Gauche, Jean-Philippe Maillos. « Nous sommes face à un paradoxe. Le classement de certains quartiers en zones prioritaires permet d’avoir des dotations de compensation. Et pendant ce temps, on poursuit les travaux d’embellissement de la ville. Je ne dis pas que ceux-ci ne sont pas nécessaires, mais simplement que la vision agréable de la ville quand on s’y promène ne doit pas se faire au détriment de ceux qui y vivent. »

Pour lui, les priorités sont à revoir. « Par exemple, on continue les investissements dans la vidéosurveillance sans que celle-ci n’ait vraiment démontré son efficacité. Je regrette également que la baisse des dépenses de fonctionnement fasse trinquer les salariés dans cette austérité. La Ville est un gros employeur. »

« Taux trop élevés »

« Sans surprise, nous ne cautionnerons pas ce budget primitif, compliqué et copieux, qui est dans la droite ligne de la programmation municipale que nous avons toujours contesté, avance Hélène Collet, conseillère municipale Front national. Les taux d’imposition restent encore trop élevés à notre goût. La municipalité se vante de leur stabilité, mais il y a encore un effort à faire compte tenu des revenus des Agenais. »

Et de décliner des mesures déjà affichées dans le programme du parti frontiste : « Des coupes et des économies restent à réaliser dans certaines subventions, accordées notamment à certaines associations culturelles, comme le Florida. Il faut revenir à une gestion de bon père de famille en réduisant les dépenses. »

L’épais dossier du budget primitif 2015, sinon peu goûté par l’opposition, du moins pas digéré, pourrait ainsi être l’objet d’âpres débats en séance, ce lundi soir, dès 19 heures, dans la salle des Illustres.

Mathilde Curien

http://www.sudouest.fr/2015/04/13/le-budget-primitif-vu-par-l-opposition-1889753-3603.php

  • en réalité 37.

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