Budget de l’agglo : Eyssalet met les pieds dans le plat

Délégué à agglo Agen et conseiller municipal de la ville, le socialiste Emmanuel Eyssalet a écrit au préfet, mais aussi à la chambre régionale des comptes, au sujet des finances de la collectivité.

Adressé au préfet, au président de la chambre régionale des comptes et au directeur de la Banque de France à Agen, le courrier date de novembre, il est resté sans réponse. «D’ailleurs, je n’en attendais pas», explique Emmanuel Eyssalet.

«Je suis nouvel élu et j’observe que la présentation des budgets 2014 et 2015 a été élaborée avec des changements de l’un à l’autre qui ne sont pas seulement justifiés, àmon avis, par la baisse des aides de l’État (dotation globale de fonctionnement, N.D.L.R.) mais bien par le choix d’un monoprojet, celui du technopole Agen Garonne.»

DeLorean16

Le socialiste ouvre ici une parenthèse. «Il faut quand même rappeler que le vote du budget de l’an dernier a été sanctionnée par 17 abstentions, et 2 votes contre». Le budget 2016 d’agglo Agen doit être soumis au vote en mars. Pour tenter de mieux comprendre l’analyse d’Emmanuel Eyssalet, il faut monter dans la DeLorean du Doc dans Retour vers le futur».

Et avancer dans le temps. L’opposant deJean Dionis se transfère après 2020. Et il prend un exemple. «Dans cinq à six ans, avec l’aménagement du technopole Agen Garonne, si le projet va au bout, la population va s’accroître rive gauche. Si Brax veut par exemple construire une nouvelle école, ses élus auront besoin d’une aide à l’investissement d’agglo Agen. Et les comptes de l’agglo l’empêcheront de le faire. D’ailleurs, son président ne dit pas le contraire (…) Les maires seront les premiers impactés par les choix budgétaires actuels.»

Agglo Agen est régi côté finances par un plan pluriannuel d’investissements (PPI) qui fixe les règles du jeu financier. Il a été revu d’une année sur l’autre, passant de 134 M€ à 101 M€ en fonction de la baisse attendue et annoncée de la dotation globale de fonctionnement, une aide l’Etat.

Dégât colatéral

Dégât colatéral, la 3e priorité (projets intercommunaux voirie, transports, santé, etc…) passe de 82 M€ (2014) à 46 M€ sur le PPI 2015-2020.

Sur la foi de ces documents budgétaires présentés l’an dernier, Emmanuel Eyssalet chiffre à 36 millions d’€ la baisse des crédits liés aux investissements sur les cinq ans à venir, dont le projet de Donnefort, le plan vélo, la plage de Passeligne, la protection contre les crues ou encore «l’abandon des crédits GPSO» directement lié à la future éventuelle ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse.

Eyssalet constate en écrivant au préfet que ces «investissements structurants qui, pour une grande majorité sont moteurs pour notre économie locale, deviennent la variable d’ajustement au seul profit de l’aménagement de la rive gauche».

Le socialiste franchit la Garonne pour estimer que «le plan de financement actuel fait

apparaître un déficit de plus de vingt millions d’€en 2021. Ce déficit doit être couvert par la seule agglomération d’Agen et il engagera l’intercommunalité pour plusieurs années».

 

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