CAMÉLAT De nombreux débats ont accompagné le vote de la délibération, jeudi soir, en conseil d’agglomération

«En situation de pénurie de financements, il n’est pas interdit de réfléchir. » Henri Tandonnet, rapporteur des grands dossiers d’’infrastructures de l’’Agglo d’’Agen, ne croyait pas si bien dire. Car une fois n’’est pas coutume, certains ont réfléchi tout haut, en session….

Le premier vice-président a d’abord tenu à rappeler quelques principes qui, selon lui, donnent de bonnes raisons de croire à des jours meilleurs pour la réalisation du pont et du barreau de Camélat : « D’’abord, le Contrat de plan État-Région 2014-2019 (CPER) n’est pas signé. On ne connaît pas le montant de l’enveloppe qui peut être de 300 à 500 millions d’euros. »

« Scandaleux »

Pour lui, il serait proprement « scandaleux qu’il n’’y ait pas un euro de plus pour le Lot-et-Garonne que le montant qui n’a pas été dépensé dans le dernier CPER. Tout comme il serait scandaleux que la Région, qui nous demande de mettre la main à la poche pour la LGV, ne mette pas un euro dans ce dossier… ». Quant aux craintes évoquées de perdre toute la ligne de crédits en décidant de retarder une partie (les 12 millions d’euros du contournement de la Croix-Blanche, NDLR) de l’aménagement de la RN 21 au profit de Camélat ? « C’est faux ! Car ces crédits n’existent plus. »

Malgré sa détermination dans la défense de ce dossier, Henri Tandonnet n’a pas convaincu tout son auditoire. Le premier à le lui faire savoir a été Christian Delbrel, nouveau maire de Pont-du-Casse, suivi de Bruno Dubos, son homologue de Foulayronnes qui, de leur côté, militent aussi pour l’aménagement de « l’’accidentogène » tronçon Artigues-Foulayronnes.

Quand le premier, rejoint par Christian Dézalos, regrette aussi que le projet soit « trop politisé », même si Henri Tandonnet et Jean Dionis du Séjour n’’ont eu de cesse de rappeler qu’il ne s’’agissait pas d’’opposer Agen à Villeneuve-sur-Lot, mais bien de réunir les deux villes, le second a pour sa part indiqué que le préfet Denis Conus lui avait indiqué que la perte de crédits n’était pas une fantaisie, mais bien une possibilité à prendre en compte.

Quatorze abstentions

Question crédits, l’’Agglo entend mettre les siens dans la balance. En l’’occurrence les 3,42 millions d’’euros promis en 2008 pour l’aménagement du tronçon La Croix-Blanche – Monbalen… « sous réserve d’’engagement sur le pont et le barreau de Camélat ». Objectif : obtenir un calendrier et l’’assurance de figurer au prochain CPER. Sinon, le chantier se fera sans leur contribution que beaucoup ont comparée à celle du Grand Villeneuvois : 700 000 euros « seulement ».

Pascal de Sermet, lui aussi nouvel élu, à Colayrac-Saint-Cirq, a émis de vives réserves sur la rédaction, amendée à sa demande, de la délibération. Le terme « refuser », lié au financement, s’est transformé en « suspendre ». « On n’a pas été respecté, c’est notre seul moyen de pression », a insisté Jean Dionis du Séjour, qui aurait préféré ne rien changer.

Après des heures de débats, la délibération a bien été adoptée. Mais avec 14 abstentions (dont celle de Christian Delbrel, mais pas de Bruno Dubos ni de Pascal de Sermet) et un vote contre d’’Emmanuel Eyssalet, en raison de l’absence de phasage. Assez rare pour être souligné.

Julien PELLICIER

http://www.sudouest.fr/2014/09/27/des-mots-et-des-millions-poses-dans-la-balance-1685303-3603.php

 

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