Comment faire de l’élection communautaire un enjeu démocratique – retour sur un engagement électoral

Associer les habitants aux décisions, mettre en lien les acteurs du développement, œuvrer en commun avec le Département et la Région, créer un sentiment d’appartenance pour les habitants de l’Agenais, tels étaient les débats que nous voulions ouvrir à l’occasion des élections municipales de 2014, et au-delà.

Retour sur la vision que nous portons sur le devenir de l’intercommunalité

Un nouvel équilibre pour l’Agglomération d’Agen.

Au terme d’un cycle d’élargissement, l’Agglomération doit repenser un projet commun, pour la décennie qui vient. Elle a fait de lourds investissements qui ont déséquilibré ses finances  et son territoire.

Les attentes, les besoins de ses habitants varient énormément selon où ils se trouvent sur le  territoire. Tandis que certains souhaitent développer l’offre commerciale, d’autres souhaitent accéder aisément aux services publics, et tous souhaitent voir se développer l’emploi.

L’Agglomération pourra-t-elle répondre à ces préoccupations ?

Pas si elle continue à faire de grands investissements, sans tenir compte de l’équilibre qu’elle doit assurer sur l’ensemble son territoire.

L’élection communautaire est donc bien un enjeu démocratique.

Ce n’est pas seulement celui de l’alternance politique – ce serait trop simple – mais plutôt dans la compréhension et la traduction des attentes des citoyens.

Qu’attend-on de l’Agglomération pour les prochaines années ?

Qu’elle permette un développement équilibré, raisonné et durable du territoire.

Qu’elle crée un sentiment d’appartenance pour ses habitants.

Qu’elle agisse à la fois pour l’économie et le lien social.

Il importe de consolider l’existant, de bien peser les moyens financiers à notre disposition, d’agir avec mesure et de définir lucidement des priorités.

Il faut une gouvernance associant les habitants. Il faut une meilleure complémentarité avec l’action des communes.

Il faut des finances saines. Et une stratégie offensive sur le terrain économique.

Une gouvernance différente

Une Gouvernance personnalisée n’est pas synonyme de réussite. Une gestion trop politicienne des dossiers peut parfois même nuire à la réalisation de bons projets.

En réponse à ces dérives, il importe que la démocratie soit présente partout et à chaque instant dans les décisions et le fonctionnement de l’Agglomération.

Cela passe d’abord par un pacte démocratique passé avec les habitants de l’Agenais.

Dans ce pacte, la création de commissions d’usagers adossées aux commissions communautaires, pourrait être envisagée. Elles rassembleraient des élus municipaux, des associations, des forces vices. Un Conseil Economique, Social et Environnemental d’Agglomération pourrait lui aussi alimenter les choix des instances de décision.

L’information de chaque citoyen, enfin, doit être repensée et renforcée.

Coordonner l’action locale au nom de la solidarité territoriale

Dans plusieurs domaines essentiels de la vie quotidienne, l’Agglomération peut seconder, compléter ou mettre en cohérence les actions communales (mise en œuvre des nouveaux rythmes scolaires, élaboration d’un projet de santé communautaire, accès unifié aux sports, aux loisirs culturels, ou pour l’anticipation du vieillissement démographique).

Les compétences déjà exercées pourraient aussi se renforcer par de nouvelles orientations : prioriser la rénovation énergétique des logements existants, avancer vers une tarification sociale et écologique de l’eau, des transports publics, élargir le soutien à l’enseignement supérieur en prenant en compte les besoins des étudiants.

Des finances solides et durables 

L’Agglomération a la chance de disposer de ressources fiscales plutôt dynamiques, assises sur l’activité des entreprises. Les ménages ont, toutefois, eux aussi été fortement mis à contribution par une augmentation importante de la taxe destinée à la collecte et au traitement des ordures ménagères.

Ainsi, et aussi grâce au soutien financier des autres collectivités publiques, l’Agglomération a ainsi été en mesure d’investir fortement, mais en s’endettant rapidement en pleine période de crise.

Aujourd’hui, les dépenses publiques doivent être recentrées sur les biens publics indispensables. Et les ménages aspirent à une légitime préservation de leur pouvoir d’achat.

Sauf à accroître à nouveau la fiscalité ou à s’enfoncer dans un endettement irraisonné, deux choix que nous réprouvons, il convient d’aller vers des investissements plus mesurés et mieux programmés dans le temps.

Dans cette phase de consolidation, les dépenses d’investissement vouées à l’aménagement du territoire et à l’équilibre urbain/rural, comme le Fonds de Solidarité Territoriale, devront être impérativement préservées.

L’Agglo, moteur de l’économie

Le développement économique ne se résume pas à de grands travaux d’infrastructures. Ils ne sont qu’un des aspects du dynamisme d’un territoire. Une politique d’accueil d’entreprises doit voir plus large et plus loin pour être efficace.

Le projet économique de l’Agglomération est pour l’heure volontariste, mais il repose sur des hypothèses fragiles.

Parce qu’elle n’est pas seule à financer et décider, l’Agglomération ne maîtrise pas les programmations, les calendriers, comme celui de la LGV. Aussi, limiter l’ambition économique de l’Agglomération à une seule et grande zone d’activité n’est pas prudent.

Il faut renforcer l’existant, élargir les zones d’accueil d’entreprises qui peuvent l’être sans coûts supplémentaires, parallèlement à ces projets.

Il convient aussi de bien mesurer l’ensemble  des conséquences d’un déplacement massif des activités au sud ouest du territoire : risque de l’appauvrir au nord et à l’est, impacts environnementaux des déplacements des populations, quotidiens voire définitifs…

L’Agenais dispose d’atouts formidables par sa situation géographique le long du corridor garonnais. Deux axes doivent être développés : son prolongement vers l’Albret, patrimonial et touristique, vers le Nord avec sa proximité avec l’Agglomération villeuneuvoise pour créer une véritable métropole d’équilibre entre Bordeaux et Toulouse.

Notre territoire manque encore de visibilité. Notre déficit d’image se comblera par la promotion d’un esprit territorial, d’une identité forte, un sentiment d’appartenance de ses habitants. Cela demande un travail approfondi sur la qualité de la vie, de l’habitat, des déplacements, des équipements culturels et sportifs, de l’enseignement supérieur et par l’encouragement des filières d’avenir.

Un nouvel équilibre pour l’Agglomération d’Agen

Aujourd’hui, le foncier préexiste aux idées. Il est temps de réfléchir différemment. L’Agglomération d’Agen est à la croisée des chemins.

L’Agglomération à 29 communes et 100 000 habitants doit se poser la question de son projet : un grand territoire, un vrai dynamisme mais encore trop peu de cohésion territoriale et de solidarité.


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