Emmanuel Eyssalet craint une facture salée

Trois mois après sa sortie prématurée du jeu électoral, la tête de liste PS-PRG et PC aujourd’hui conseiller municipal jauge le début de mandat, fait l’état des lieux aussi.201406261125-full

Trois mois de mandat pour l’équipe Dionis II. Vous contestez la manière et le fond.

Emmanuel Eyssalet craint une facture salée : «C’est la douche froide. On a vécu une période de surinvestissements pour sa réélection mais aujourd’hui obligation lui est faite de trouver des recettes complémentaires. Il apparaît qu’il a pas mal de possibilités pour certes ne pas augmenter les bases locales mais surtout pour créer de nouvelles redevances. On sera vigilant sur les dix-huit premiers mois car c’est dans cette période que les grands changements ont lieu. Après, les cantonales et les législatives vont arriver dans le calendrier.»

Et dans le détail, que sous-entendez-vous ?

«Va-t-il exiger, comme on l’entend dire, une participation des associations organisatrices de rendez-vous locaux comme les vide-greniers ? Je veux parler aussi des droits d’inscription en crèche, dans les transports scolaires désormais sous compétence de l’agglo. Je veux parler aussi du retour de la foire, car elle est capable de générer des recettes. Et pour ma part, je suis persuadé qu’il a dans l’idée de créer une taxe sur les équipements pour financer ses projets (…) Il met le paquet sur l’économie. C’est beau, c’est la façade. Mais derrière, les Agenais sont oubliés. Et sa philosophie de faire payer l’usager ne me plaît pas.»

Et que proposez-vous alors ?

«Les quartiers du centre-ville sont devenus prioritaires et vont bénéficier de fonds d’État. Il faut savoir que des retraités et des actifs fuient le centre-ville. Il faut penser à rendre la ville plus agréable (…) Je ne suis pas le seul à penser que l’agglo est d’un point de vue financier en danger. Ce qui me gêne le plus, c’est qu’elle n’est pas l’outil d’amélioration de la vie du territoire. (…) Nous ne sommes pas à Toulouse qui a misé sur le cancéropôle. La technopole de Donnefort est plutôt mal partie, et la note totale est salée pour le multiplexe, plus de dix millions d’€. C’est une chance, les élus de gauche qui siègent à l’agglo ont réussi à protéger le Fonds de solidarité territoriale (FST) dans le budget de l’agglo.»

Vous devriez vous satisfaire de la mise en place des nouveaux rythmes scolaires à la rentrée et pourtant…

«C’est une bonne chose mais c’est fait à moitié. On peut comprendre les difficultés de mise en œuvre mais le dispositif prévu relève autant de la garderie que des activités périscolaires. Et c’est à l’usager donc de trouver des solutions pour le transport vers les centres de loisirs, et la restauration du mercredi après-midi.»

À quatre de votre liste, que pouvez-vous peser au sein du conseil municipal ?

«Si vous sous-entendez que je suis seul, je dis non. Les militants d’Agen Demain préparent avec nous les conseils municipaux et, je le répète, la vigilance est de mise. Je trouve d’ailleurs Jean Dionis très bienveillant avec les élus du Front national (sic). De notre côté, notre objectif est de faire émerger des têtes nouvelles. C’est un vrai besoin (…) Je n’ai pas d’ambitions personnelles ni de chemin politique que j’aurais pu tracer. Si on part avec une logique personnelle, on n’arrive à rien.»

Votre concurrente à la primaire Patricia Henry a récemment dit que la gauche PS devait se trouver un leader. Vous l’avez pris pour vous ?

«C’est une attaque que l’on a entendue en effet. Ce n’est pas à moi de la commenter, il est trop tôt. Je n’ai pas de relations particulières avec elle, je ne suis pas un professionnel de la politique. Et la polémique n’a d’intérêt que pour faire du buzz. Quand on n’est pas élu, il est difficile d’exister. En revanche, cela n’empêche pas de travailler.»

Dur d’être adhérent du PS en ce moment ?

«À l’issue des élections municipales, trois villes de plus de 20000 habitants sont à gauche en Aquitaine, c’est dire… La gauche n’est pas en forme et au sein de la motion 3 («Maintenant la gauche», NDLR) cela fait un moment qu’on a tiré le signal d’alarme. Au sein de la direction du PS 47, on a pris une vraie conscience du malaise et c’est une évolution. On attend le congrès départemental de l’an prochain.»

 

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