Eyssalet : «Dionis, c’est de la politique spectacle»

Premier conseil municipal depuis l’été demain samedi. L’accueil des réfugiés et une délibération de l’Amicale des maires visant à dénoncer la baisse des subventions d’État aux communes.

Avant l’été, vous vous êtes exprimé sur la volte-face du maire concernant les choix du gouvernement. Vous persistez ?

J’attends un vrai show samedi. Jean Dionis, c’est la quintessence de la politique spectacle et il choisit les bons moments. Avant le scrutin municipal, il était question de BMS-Upsa. Avant les élections départementales, on l’a entendu sur l’enseignement et les écoles prioritaires. On est à trois mois des régionales, il est candidat et il bouge sur le soutien à l’Association des maires de France. Je n’ai pas le sentiment qu’il a l’intérêt général chevillé au corps. À chaque fois il se saisit d’un événement.

L’opposition à la baisse des dotations de l’État ne vient pas que de la droite pourtant… Et elle est une réalité pour tous.

Oui mais elle varie. Historiquement, il faut savoir que l’État donnait autant à Agen qu’à Neuilly(Hauts-de-Seine, N.D.L.R.). Selon ce que j’ai constaté, la baisse de ces dotations est de 3 euros par habitant ici, contre 45 là-bas. Il faut relativiser. A Agen, elle est de 100 000 euros (…) Dionis se cache derrière des villes qui sont touchés de plein fouet, y compris par les mesures de péréquation entre elles. On considère qu’il a retourné sa veste dans la mesure où il prônait un budget d’austérité il y a six mois et qu’il partageait les décisions prises par un gouvernement qui n’appartient pas à sa famille politique. D’ailleurs, il a anticipé avec les baisses des subventions aux associations, en gommant 18 millions dans son programme d’investissements annoncé lors de la campagne. Sa mobilisation s’inscrit dans un calendrier électoral et ça manque de rigueur intellectuelle (…) Je suis d’accord avec ma famille politique sur les propositions de la commission du budget de mettre en place des dotations fléchées vers l’investissement. C’est dans ce sens qu’il faut aller.

Vous êtes socialiste. Vous êtes en phase avec les choix du gouvernement Valls ?

On termine le quinquennat avec ce million de contribuables sorti de l’impôt, avec l’inversion de la pyramide du droit du travail. On n’a surtout pas voté pour ça. À l’échelon de l’Europe, il n’existe pas de corrélation entre la réforme du code du travail et la baisse du chômage. Ça, c’est une demande du Medef (syndicat patronal, N.D.L.R.). Je n’ai pas besoin de boussole comme vous le dites car cela représente les décisions d’une partie du PS au sein du gouvernement. Mais il ne faut pas oublier le CIC. Dans le secteur de l’automobile, du numérique, ça commence à porter ses fruits.

7e sur la liste PS-PRG pour les élections régionales, pas candidat aux élections départementales. C’est un choix ?

Septième sur la liste, cela n’a aucune espèce d’importance. J’ai un métier, que j’adore. Et pour ce qui est du conseil départemental, d’autres méritaient d’y aller.

Avec le FN comme autre opposition, avec une majorité Dionis écrasante, c’est difficile d’exister au sein du conseil municipal ?

Non, ce n’est pas difficile d’exister au sein du conseil municipal. Mais oui, médiatiquement c’est difficile d’exister (sourires). Vous m’accorderez le droit de penser qu’il n’existe pas de place pour le débat face à Dionis. Aucun espace d’échanges.

Dans les dossiers en chantier en ville, votre sentiment sur la suite de la piétonnisation qui débute lundi.

Dionis choisit de renvoyer les voitures dans les petites rues, soit. On fera les comptes et je regrette qu’il n’ait pas choisi d’expérimenter aussi les propositions des riverains. Je constate également qu’il a fallu attendre un an pour une délibération sur le stationnement au Pin. Je signale que Clémence Robert (adjointe de Jean Dionis, N.D.L.R.) attend le feu vert du maire pour mettre en place la carte de stationnement pour les riverains. Elle vit en ville, elle sait les difficultés.

Le conseil municipal doit adopter une nouvelle taxe, sur les logements vacants. Vous voulez aller plus loin encore ?

On doit remettre sur la table les abattements en place pour la taxe d’habitation. Dionis le dit lui-même, sa majorité n’a pas regardé ce point. Pour eux, c’est un moyen de protéger les classes supérieures. Les plus précaires sont à ce chapitre les plus touchés. On doit aussi ouvrir le dossier de la taxe foncière. À deux ans des élections législatives, Dionis n’en aura pas le courage.

Vous siégez au conseil d’agglomération, qui votait hier une délibération sur le technopôle Agen Garonne. L’emploi est au cœur de ce projet.

Ce qui m’intéresse aussi c’est le premier technopôle, à Donnefort. Ça coûte une fortune, le tout pour un seul projet, celui d’une maison de retraite privée dont le but essentiel est la défiscalisation… Pour la TAG de Sainte-Colombe, le total des dépenses à l’horizon 2 021 est annoncé à 41 millions d’€ avec des rentrées de 15 millions. Ça donne 25 millions qu’on peut ajouter au 18 de participation de l’agglo à Camélat et aux 7 de l’échangeur autoroutier, le tout avant 2021. Il était nécessaire de phaser dans le temps. On veut tout faire en même temps ! Dans le même temps, dans le budget en cours, le soutien aux projets communaux a été presque réduit de moitié. Quelle sera la capacité de l’agglo à soutenir ces projets ? La question est aussi de savoir si l’épargne de l’agglo suffira à rembourser la dette.

Recueilli par Stéphane Bersauter

http://www.ladepeche.fr/article/2015/09/18/2179712-eyssalet-dionis-c-est-de-la-politique-spectacle.html

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