Le budget, selon Emmanuel Eyssalet – la bataille du «DOB» aura-t-elle lieu ?

Ce soir, second conseil de la nouvelle-ancienne équipe reconduite, avec le débat d’orientations budgétaires (DOB), ou le nerf de la guerre d’une municipalité. La majorité va s’attacher à démontrer sa bonne gestion durant le mandat précédent.201404281291-full

«Dans un contexte économique national difficile et malgré les contraintes grandissantes qui pèsent sur les collectivités territoriales, le résultat de l’exercice 2013 aura pourtant été le meilleur du mandat écoulé pour la ville d’Agen.» Ainsi donc, Bernard Lusset, ancien premier adjoint mais toujours chargé des finances
e, particulièrement Emmanuel Eyssalet (lire ci-dessous) et peut-être celle de l’extrême droite, nouvellement arrivée parmi les conseillers municipaux. Le trésorier de la ville avancera «un taux d’épargne brute de 16,6 % largement supérieur à l’objectif des 10 %», sachant que l’épargne brute indique la capacité d’une ville à s’autofinancer. «Une baisse des dépenses de personnel de 0,7 %» : un poste que l’administration agenaise veut réduire dans les années à venir, avec notamment le non-remplacement des départs en retraite et la mutualisation des services avec l’agglomération d’Agen. Sur ce point, là aussi, l’opposition de gauche devrait marquer sa divergence, même si la politique de restriction des dépenses de fonctionnement est approuvée aux plus hauts sommets de l’État.

«Droit d’entrée» de Mc Donald’s

Bernard Lusset ne manquera pas également de souligner le «droit d’entrée» payé par Mc Donald’s pour le renouvellement de l’autorisation du domaine public, qui s’élève à 1,2 million d’euros. Une recette certes non négligeable.

Et bien sûr, il citera les rapports de la Cour des comptes qui abondent dans le sens de l’équipe Dionis.

Les investissements se poursuivront, sur l’aménagement et l’embellissement du centre-ville, sur la réfection des écoles, des terrains de sport et abords, sur de nouvelles programmations culturelles et la rénovation du musée, sur les contrats de quartiers reconduits, le renforcement de la vidéo protection.


Le budget, selon Emmanuel Eyssalet

Chef de file de l’opposition, le socialiste Emmanuel Eyssalet exposera ce soir en conseil sa vision du budget, qu’il nous présente : «Depuis 2012, la priorité des socialistes est de redresser les dépenses de l’Etat, de soutenir notre compétitivité et de préserver notre modèle de solidarité. À ce titre, il est amorcé une baisse des dotations de l’État aux collectivités. On parle souvent de la baisse de la Dotation globale de fonctionnement (-4,2 % en 2014). Mais, heureusement, ce n’est pas la seule dotation que les villes perçoivent. D’autres, dont le caractère est de renforcer la solidarité entre les territoires, sont soit nouvelles soit en hausse depuis 2012. Pour notre ville, le montant global de l’ensemble des dotations de l’état pour 2014 est en baisse de 152 000 € par rapport à 2013. Cette baisse est inférieure à 0,5 % d’un budget qui s’élève à 41 millions d’euros. Pas de quoi, donc, pousser des cris d’orfraie.

Malgré tout, Jean Dionis du Séjour annonce volontairement une évolution catastrophique de ces recettes pour justifier des coupes dans les dépenses publiques et réaliser des économies sur les services municipaux sans précédent. Ainsi, discrètement, sur un air de confesse, le budget qu’il nous livre fait naturellement apparaître deux tendances. La première se traduit par l’augmentation des tarifs des services municipaux et la baisse programmée des subventions aux associations ; la seconde est liée à la difficulté du financement des investissements promis.

Alors que la crise est longue et éprouvante pour tous mais surtout pour les plus précaires, Jean Dionis fait le choix de services de moins en moins accessibles et de plus en plus chers. Depuis qu’il est maire, les Agenais déboursent tous les ans 400 000 € de plus pour accéder à des prestations dont les prix se sont envolés. On se souvient du tarif du repas à la cantine qui est passé de 3,65 € à 4,90 €. Demain, il faudra s’acquitter de nouveaux «droits» payants, comme le droit d’inscription à la crèche ! Sans compter l’arrivée de dispositifs comme les contraventions électroniques. Sans avoir à augmenter les impôts, tout est bon pour améliorer les recettes.

La seconde tendance est la difficulté à financer des investissements, après des années de surinvestissement pour motif électoral. Je déplore, là, l’absence de vision de l’avenir et sur le long terme. Jean Dionis remet le cap sur les investissements comme il l’a fait précédemment. Et à ce jeu, il nous amène droit dans le mur. Déjà, je ne crois pas que les 63 millions d’investissements du mandat précédent permettront de retrouver l’attractivité perdue de notre ville ou qu’ils aient créé beaucoup d’emplois. Je doute que les 54 millions prochains qu’il s’apprête à dépenser y parviennent.

Ce qui est sûr, c’est qu’à ce rythme, il n’y aura plus aucune marge de manœuvre en fin de mandat. Les finances seront dans le rouge, une situation que notre ville a déjà connue. Le maire semble s’en contenter. Au diable ses successeurs et advienne que pourra.» l

 

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