Les deux pieds sur le frein

Lors du débat d’orientation budgétaire, hier soir, les élus ont partagé un même constat et acté de fait un coup de canif budgétaire dans le contrat municipal.

Avant d’en venir aux mots, hier soir, les élus du Conseil municipal ont observé une minute de silence en mémoire de Guy Saint-Martin (lire en page 16). Hormis le débat d’orientation budgétaire, les autres dossiers du jour n’ayant « une importance que purement administrative », les élus ont pris leur temps de dessiner les stratégies en la matière. Viendra ensuite l’heure de débattre du budget, le 13 avril.

En guise d’introduction, le maire Jean Dionis a été direct : ce DOB est « le plus en rupture » qu’il a connu en vingt-cinq ans de vie municipale. Problème : « Nous avons établi en 2013 un programme sous forme de contrat de confiance avec un certain nombre d’hypothèses budgétaires qui ont été largement impactées par des décisions nationales en 2014. » Un point que tout le monde a admis, hormis de légères réserves du socialiste Emmanuel Eyssalet, et qui dans les faits imposera de faire des choix. Si lors du précédent mandat la municipalité investissait une moyenne de 12,6 millions d’euros par an, la moyenne annuelle de ce nouveau quinquennat devrait ne pas dépasser les 7,8 millions d’euros. Et les dépenses de fonctionnement, elles aussi, seront touchées.

Agen, la pauvre surtaxée

En tant qu’adjoint au budget, c’est Bernard Lusset qui s’est fait porteur des mauvaises nouvelles (notre précédente édition). Le chef de file de l’opposition, lui, a apporté une longue et très technique réponse qui, si elle n’a logiquement pas reçu un accueil triomphal de la majorité, a trouvé quelques échos favorables.

Ainsi, la piste de la création d’une taxe d’habitation pour les logements inoccupés et la question des politiques d’abattement seront étudiées. Sa demande d’obtenir une projection consolidée des perspectives budgétaires jusqu’en 2017 aussi a été actée, le maire affichant sa volonté de rendre « la maison dans le meilleur état possible à la fin du mandat. »

Le mieux possible ne signifie pas parfaite, heureusement, car il le sait, à l’horizon 2020, l’épargne brute sera en berne. Les raisons, c’est Mohammed Fellah qui les résume : « Les recettes baissent alors que les dépenses augmentent de façon mécanique (salaires, fluides). Cela impose de trouver un compromis afin de rester aménageur et d’assumer notre mission de service public sans augmenter les impôts, des familles agenaises quittant déjà la ville à cause de taux très élevés. »

Car oui, promesse a été faite de ne pas toucher aux taxes locales jusqu’à la fin du mandat, Agen étant, comme l’a rappelé Pierre Chollet, le premier adjoint, « la ville la plus pauvre et la plus taxée de l’Agglo ». Pour Philippe Maillos, représentant du Front de gauche, il est de toute façon « déjà trop tard pour trouver une solution. Les politiques d’austérité ont bousillé l’ensemble de l’appareil économique et social de notre société. » Sur ce point, la majorité n’a pas sourcillé. À la différence de son intervention relevant « l’invraisemblable différence de taux d’imposition au sein de l’Agglo ». Jean Dionis, président des deux collectivités, a été le premier à aller dans son sens, mais a dû se résigner face au principe de « la libre gouvernance des maires ».

julien pellicier

http://www.sudouest.fr/2015/03/10/les-deux-pieds-sur-le-frein-1854236-3603.php

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