Pourquoi nous devons voter pour la motion B

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Texte présenté aux militants par Jean-Pierre Claverie et les représentants de la motion B en Lot et Garonne

Notre congrès doit être utile pour réussir la fin de ce quinquennat.

Après quatre défaites électorales en moins d’un an, ce congrès doit être le point d’appui pour gagner dès cette année les élections régionales et en 2017, les élections présidentielles et législatives.

Ce congrès doit permettre aux socialistes de continuer la transformation du pays.

Ce congrès ne doit pas être celui des petits arrangements à quelques-uns, entre amis en quelque sorte, mais le moment privilégié où l’on affirme une ligne politique celle de ses convictions et celle de ses valeurs.

Comme vous, j’ai ce sentiment d’un paysage politique déréglé : la gauche singeant la droite, la droite parlant comme l’extrême droite et l’extrême droite revendiquant les conquêtes sociales de la gauche.

Et derrière cet apparent tripartisme, je dis bien apparent, il y a un peuple qui nous a quitté.

Oui, sur cette affaire il y a matière à débattre, mais il nous faut répondre à :

· la défiance envers les socialistes qui a gagné les classes moyennes et populaires,

· l’abstention assumée de beaucoup de ceux qui ont voté François Hollande,

· ceux qui sont séduits par les discours d’une Droite qui s’est renforcée et qui lorgne vers l’extrême droite,

Enfin, il nous faut répondre par des actes à la montée du Front National qui gangrène nos communes.

La motion B, autour de notre premier signataire Christian Paul, rassemble des socialistes, qui n’ont pas tous la même histoire mais, qui partagent aujourd’hui l’analyse de l’urgence et de la gravité de la situation du pays et qui, face à cela, veulent agir et ne pas subir.

Ainsi, les socialistes rassemblés dans la motion B ont deux objectifs que je souhaite vous faire partager :

· obtenir des nécessaires inflexions à la politique du gouvernement pour que nos choix profitent avant tout à l’activité, à l’emploi et au pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires.

· avoir un Parti socialiste vivant, qui n’est pas « fermé pour cause de gouvernement »

Premièrement, les inflexions que nous appelons de nos vœux conjuguent efficacité économique, pour sortir plus vite de la crise, et justice sociale, afin de renouer avec l’engagement de la réduction des inégalités.

Aussi nous proposons :

1. de recentrer les aides aux entreprises pour les rendre enfin efficaces et liées à la création d’emplois.

Le changement de cap avec le transfert de 40 milliards d’euros constitue un changement de ligne aussi inattendu que doctrinaire, aussi massif que peu discuté dans ses modalités et ses objectifs précis.

On ne peut plus continuer à déverser des milliards d’euros dans les comptes des entreprises sans ciblage ni conditionnalité. Toutes les aides directes et crédits d’impôts doivent être évalués d’urgence avant cet été, en amont du projet de loi de finances 2016.

2. d’engager une réforme bancaire pour véritablement séparer les activités spéculatives des autres.

La loi bancaire qui devait séparer les activités des banques qui sont utiles à l’économie de leurs opérations purement spéculatives aura finalement manqué l’essentiel de ses objectifs.

Ensuite, il nous faudra impérativement :

– prendre des mesures pour améliorer les conditions de vie des classes moyennes.

Quel gouvernement de gauche pourrait se satisfaire d’une dégradation du niveau de vie des ménages les plus modestes ?

– répondre aux fractures sociales et territoriales.

Il s’agit là de répondre au désarroi qui donne des ailes au FN par des investissements locaux et l’implantation de services publics. Les Français font l’expérience durable des inégalités économiques, sociales, sanitaires, scolaires ou territoriales.

Pour cela, nous proposons un « Plan République » qui consiste à garantir la présence physique des services publics et des emplois publics dans les territoires qui en ont le plus besoin.AGPG5

Tout cela nécessite d’être ferme vis à vis de Bruxelles et de construire le rapport de forces nécessaire à une véritable réorientation européenne, par un changement des règles budgétaires.

Au delà de ces mesures d’urgence, nous portons enfin un projet de société.

Les socialistes du 21ème siècle ne peuvent avoir la dérèglementation comme boussole.

Nous voulons continuer à porter haut les couleurs d’une gauche efficace qui transforme la société dans le sens du progrès partagé par tous.

Personne ne peut nier les mutations de l’économie et la nécessité de réduire des déficits publics trop élevés, mais, nous, socialistes, nous devons clairement récuser la fable selon laquelle la lutte contre le chômage passe par toujours plus de dérégulation économique.

La Gauche que nous voulons est celle qui, fidèle à son pari historique, combat par l’action politique les dégâts économiques, écologiques et sociaux engendrés par un capitalisme livré à lui-même.

Nous proposons plusieurs chantiers fondateurs pour nous remettre sur le bon chemin :

· celui de faire le choix de l’éco-socialisme. L’éco-socialisme, c’est la vision moderne du socialisme. C’est une nouvelle vision de la société qui, prenant en compte les enjeux environnementaux et la préservation de la nature, nous permettra de remettre l’humain au cœur des objectifs de la société, notamment de l’économie.

· de faire en sorte de retrouver la bonne voie pour protéger les salariés dans la mondialisation. Chaque fois qu’elle peut peser sur le cours des choses, la Gauche a fait avancer les droits des travailleurs pour assurer leur dignité et reconnaître leur rôle déterminant dans le développement économique du pays. Lancé par le gouvernement avec le compte personnel d’activité, le chantier d’une véritable « sécurité sociale professionnelle » doit être accéléré, notamment en renforçant la formation professionnelle.

· Troisième chantier : reprendre le grand combat pour l’égalité réelle. Car la République s’incarne d’abord dans ses services publics, outils majeurs d’une lutte contre les inégalités et qui doivent retrouver leur place centrale dans notre projet à long terme.

Notre projet c’était ces huit engagements :

1. L’égalité à l’école,

2. L’accès égal à la protection sociale et aux soins,

3. L’accès pour tous à un logement digne,

4. Faire reculer les discriminations,

5. Nos engagements face aux jeunes,

6. L’égalité d’accès à la culture,

7. Réformer les institutions démocratiques,

8. En finir avec les inégalités hommes femmes.

· Enfin, il nous faudra négocier vraiment la réorientation de la politique européenne. Nous voulons faire vivre l’Europe. Nous regrettons que la stratégie de tension interne à l’Union Européenne, organisée par les majorités conservatrices des États membres et par la Commission, défigure notre projet commun. La France doit prendre la parole au sein de l’Europe. Nous avons cette responsabilité, celle de remettre sur l’ouvrage «l’Europe sociale ».

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Mais alors quel Parti socialiste voulons-nous ?

Pourquoi, lorsque les nôtres accèdent au pouvoir d’État, le Parti semble « fermé pour cause de gouvernement » ? Avons-nous à ce point digéré les institutions gaulliennes que nous en oublions, une fois la victoire acquise, la nécessité de délibérer collectivement ?

Aussi, nous souhaitons qu’au sortir du congrès, les Socialistes rassemblés adoptent un agenda des réformes à mettre en place dans les 15 mois utiles qu’il nous reste d’ici 2017.AGPG7

Partir de la réalité, oui évidemment, mais ne pas oublier que l’on ne votera pas pour nous parce que nous aurons :

· Libéralisé tel secteur de l’économie,

· fragilisé le droit du travail

· ou encore emprunté les mots de la droite, comme le regrettait récemment Christiane Taubira, avec le « coût » du travail ou encore la stigmatisation de l’ « assistanat ».

Préparer l’avenir enfin, c’est refaire du Parti socialiste le lieu de discussion obligé de la gauche. Nous avons tant perdu ces dernières années parce que les citoyens de gauche, ceux qui sont engagés ailleurs nous tournent le dos.

Ils ont leur part de responsabilité en misant parfois sur nos défaites.

Mais nous savons tous ici que sans « La Gauche plurielle », nous ne serons plus rien.

Alors, il nous faut retisser des liens, pas seulement en recherchant des logos, ceux de EELV, du PCF du PRG ou du MRC pendant les élections. Mais refaire du PS le lieu où les choix de la gauche se construisent. Le rassemblement ne se fera pas sur des injonctions, il se bâtit sur des orientations solides et partagées.

C’est pourquoi nous proposons que le Parti adopte, dés le congrès de Poitiers, une résolution proposant aux formations de gauche et écologistes d’établir un nouveau contrat de majorité pour les deux dernières années du quinquennat.

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Si nous estimons que dans les domaines économiques et sociaux, la ligne générale suivie depuis 2012 ne s’est pas assez démarquée des politiques de rigueur imposées à toute l’Europe, il existe depuis 2012 des avancées réelles, au service du progrès humain et du redressement économique.

La création de la Banque Publique d’Investissement et les 34 plans de la nouvelle France industrielle.

La loi sur la refondation de l’École qui a ouvert un chantier décisif.

La loi « Consommation » qui a permis de rééquilibrer les pouvoirs entre consommateurs et professionnels, notamment en introduisant les actions de groupe dans notre législation.

Dans le domaine du logement, la gauche rassemblée a su renforcer les obligations de construction de logements sociaux, engager une nouvelle politique de la ville et instaurer la loi ALUR.

Dans le domaine social, la mise en œuvre du compte pénibilité ou la loi relative à l‘économie sociale et solidaire constituent des progrès tangibles.

Le « mariage pour tous » constitue naturellement une loi de liberté et d’égalité dont toute la gauche pourra être légitimement fière dans les décennies à venir.

De la loi Santé nous avec la généralisation du tiers-payant pour les patients.

Enfin, sur le plan international, la fermeté et le sens de l’initiative du Président ont évité que le Mali et le Sahel ne basculent dans un chaos incontrôlable.

Réjouissons-nous aussi de la reconnaissance de l’État palestinien par l’Assemblée nationale puis par le Sénat à l’initiative des socialistes, soutenus par toute la gauche.

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Mais aujourd’hui, il n’y a qu’une seule chance d’infléchir la fin du quinquennat et de le sauver, d’éviter un 21 avril en pire, c’est de voter pour la seule motion qui propose une alternative, avant que tout soit fichu, c’est la motion B.

Voter B c’est envoyer le message décisif car nos électeurs de gauche ne sont pas d’accord avec ce qui s’est fait et continue de se faire, mais les membres du parti majoritaire, du grand parti de gauche qu’est le parti socialiste ne sont pas d’accord non plus.

La Motion A risque de faire « mourir la gauche » comme l’annonce Valls, partisan de faire du Parti socialiste une UDI bis. La Motion B peut la sauver et inverser le cours des choses. Oui ce qui nous inquiète c’est cette dérive : la dérive libérale avec la politique de l’offre chère à l’époque Reagan et la stigmatisation de l’assistanat.

Pour gagner en 2017, nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s’était passé et continuer, comme avant, nos jeux d’appareil.

L’électorat de gauche qui, depuis 18 mois, déçu, en colère, s’abstient massivement, attend des signes sérieux à gauche pour se remobiliser : nous les lui donnerons car ces signes sont dans la motion B. La remobilisation de nos électeurs se fera à cette condition.

Mes camarades, c’est vous qui avait votre destin et celui du parti socialiste en main.

Faites en sorte qu’il garde ses valeurs et qu’il soit le digne successeur de celui créé par François Mitterrand au congrès d’Epinay.

Réussir le congrès de Poitiers, c’est laisser les adhérents parler.

Réussir Poitiers, c’est définir des engagements pour le PS marquant notre ancrage à gauche, le refus du libéralisme, et pas seulement dans les mots d’une motion de congrès !

Réussir Poitiers, c’est dire ce que l’on va faire jusqu’en 2017 et faire ce que l’on aura dit.

Réussir Poitiers, c’est aussi être fier de son choix et de l’assumer.

Si nous ne sommes pas au rendez-vous, si nous préférons le confort des ajustements de façade, alors nous encouragerons la défiance envers les socialistes, envers la politique en général et le Parti Socialiste peut en mourir. J’en suis convaincu.

Au contraire, si notre message est clair, alors le Congrès de Poitiers sera un congrès utile pour nous-mêmes et ceux que nous voulons représenter.

C’est toute la motivation de la Motion B : « A gauche pour gagner »

Le texte intégral de la motion

Les signataires

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Le résumé de la motion

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