Soutenir les salariés de BMS-Upsa

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Depuis la mi-décembre, nous savons que l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) envisage d’inscrire le paracétamol au répertoire des génériques. Concrètement, cela signifie que l’Efferalgan et le Dafalgan, deux médicaments fabriqués dans l’Agenais par le groupe pharmaceutique BMS-Upsa, et à base de paracétamol, se retrouveront dans une concurrence acharnée avec les autres lignes de médicaments à base de paracétamol.

Je crains particulièrement les répercussions économiques et sociales pour notre bassin de vie si cette décision venait à être prise. Elle pourrait en effet entraîner une baisse du prix de ces médicaments, et une perte de compétitivité pour le groupe qui les produit.

Je sais que beaucoup de patients en automédication resteront fidèles à l’Efferalgan et au Dafalgan, deux médicaments réputés pour leur qualité.

Mes inquiétudes concernent surtout la prescription médicale: si l’Efferalgan et le Dafalgan deviennent des génériques, les pharmaciens soucieux d’accroître leurs marges pourront désormais leur substituer n’importe quel générique à base de paracétamol, même si le médecin a explicitement prescrit de l’Efferalgan ou du Dafalgan sur l’ordonnance.

Avant toute chose, il faut évaluer précisément et calmement l’impact économique et social d’une telle décision. Si elle devait se solder par la fermeture du site ou une restructuration industrielle, il faut y surseoir. Alors que le Président François Hollande a fait de l’emploi sa priorité pour 2014, nous ne pouvons pas nous permettre de sacrifier 550 emplois industriels dans un bassin de vie en crise.

Doit-on rappeler qu’un emploi industriel détruit, c’est 2,5 emplois de service détruits derrière, et des familles entières dévastées ?

La feuille de route à explorer me paraît être la suivante : le moratoire sur le génériquage doit être maintenu quelques années encore, afin de permettre au groupe BMS d’aligner progressivement les tarifs de ses médicaments sur ceux des génériques. C’est un effort que le groupe a déjà entrepris depuis 2003, puisque le prix de l’Efferalgan a baissé de 6,4% par an en moyenne depuis cette époque.

L’inscription au répertoire des génériques est inéluctable compte-tenu des économies que la branche maladie de la Sécurité sociale doit réaliser, et de l’objectif de transparence des prix du médicament, souhaité à la fois par le Président de la République et les autorités européennes. Mais elle doit se faire progressivement et en évitant toute casse sociale. Dans quelques années, le groupe BMS sera prêt pour cette évolution. Il ne l’est pas encore.

En échange du moratoire, il convient bien sûr d’exiger du groupe anglo-saxon un certain nombre de garanties. D’abord, qu’il signe avec les autorités publiques et les représentants syndicaux des salariés du site un « pacte de préservation de l’emploi » en s’engageant à ne détruire aucun emploi industriel sur la ligne de production Efferalgan / Dafalgan. Ensuite, qu’il s’engage à redéployer une partie de sa production agenaise sur d’autres activités rentables et d’avenir, afin d’assurer la pérennité du site à long terme.

Cela me paraît être un contrat équitable, et acceptable à la fois par les autorités et par les actionnaires du groupe BMS-Upsa.

Je me tiendrai en tout cas au côté des salariés dans le combat courageux qu’ils mènent, pour la sauvegarde du site, et de l’emploi sur notre territoire. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre le premier employeur, direct et indirect, du Lot-et-Garonne, et le deuxième d’Aquitaine.

Ce serait une tragédie industrielle, et avant tout, humaine. Pour les salariés. Pour leurs familles. Pour tous les Agenais.

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